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L'avent : un temps fort pour l'Eglise

Un temps liturgique qui crée les conditions pour méditer et accueillir intérieurement la venue du Christ

A QUOI NOUS INITIE LE TEMPS DE L’AVENT ?

 

SENS DU MOT « INITIATION »

 

Dans le langage chrétien, l’initiation n’est pas un apprentissage technique comme lorsqu’on dit qu’il « s’initie » à l’art du dessin ou à un sport nautique (voile, surf…) Pour le croyant, le verbe initier s’emploie au passif : on est initié : Et celui qui assure l’initiation est le Christ lui-même ; En effet être initié, en régime chrétien, c’est être mis en contact avec le Christ afin de partager, de l’intérieur, sa propre vie divine. Seul Dieu peut nous faire entrer dans la réalité de sa vie ; de nous-mêmes, nous en sommes radicalement incapables. Toutefois, dans l’initiation chrétienne, le rôle de la communauté et des accompagnateurs est de créer des conditions pour que la personne puisse être mise en situation de se laisser initier par le Christ.

 

L’ANNEE LITURGIQUE COMME LIEU D’INITIATION

 

L’année liturgique constitue un grand moyen - parmi d’autres – pour réaliser les conditions favorables à l’accueil du Christ par l’enfant ou l’adulte qui bénéficie de l’initiation chrétienne. En effet, celui qui parcourt l’année liturgique ne se contente pas d’observer de l’extérieur ce que le Christ a accompli lors de son passage sur terre entre sa naissance à Bethléem et son ascension vers le ciel quarante jours après sa résurrection. Car ce que le Christ a voulu partager, échanger, vivre ou communiquer aux hommes lors de sa vie terrestre, il continue de vouloir le partager, l’échanger, le vivre ou le communiquer à chacun d’entre nous aujourd’hui. En entrant dans le rythme de l’année liturgique, le croyant se met dans la position de recevoir aujourd’hui ce que le Christ a voulu donner autrefois sur terre, puisque le Christ ressuscité n’a pas changé d’attitude vis-à-vis de l’homme et continue de vouloir le faire entrer dans le salut, c’est-à-dire dans la communion réelle et intime avec lui.

 

 

 

ORIGINALITE DU TEMPS DE L’AVENT

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1ere semaine de l'Avent
1ere semaine de l'Avent© RJ

Très concrètement, le temps de l’Avent, va nous permettre de nous mettre en condition pour méditer et accueillir intérieurement la venue du Christ. Pour nous aider à saisir cette réalité spirituelle, nous pouvons relire, dans le missel, le texte de la préface de l’Avent :

« Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire

de t’offrir notre action de grâces, toujours et en tout lieu,

à toi Père très saint, Dieu éternel et tout puissant,

par le Christ, notre Seigneur.

 

Car il est déjà venu en prenant la condition des hommes

pour accomplir l’éternel dessein de ton amour

et nous ouvrir le chemin du salut ;

 

Il viendra de nouveau, revêtu de sa gloire,

afin que nous possédions dans la pleine lumière

les biens que tu nous as promis

et que nous attendons en veillant dans la foi.

 

C’est pourquoi avec les anges et tous les saints,

nous proclamons ta gloire en chantant d’une seule voix :

 

Saint, Saint, Saint le Seigneur Dieu de l’univers… »

 

(Deux venues)

En examinant ce texte, nous découvrons d’abord que la liturgie nous parle de deux venues du Christ : une venue déjà réalisée lors de la naissance du Christ à Noël, et une seconde venue qui n’est pas encore accomplie, à la fin des temps.

 

(Désirer la venue du Christ)

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2eme semaine de l'Avent
2eme semaine de l'Avent© RJ

Le temps de l’Avent nous apprend donc à conduire notre vie, non pas comme une succession de jours qui s’ajoutent les uns aux autres sans véritable vision d’avenir, mais plutôt comme un temps qui nous est donné pour faire grandir en nous le désir de la venue du Christ. De façon humoristique ( ?) un certain nombre de chrétiens disent quand on évoque le retour du Christ : « Le plus tard sera le mieux ! ». Le temps de l’Avent nous aide à changer de comportement et à retrouver en nous ce désir ardent de la venue ultime du Christ dans la gloire, quand il viendra rassembler toutes les choses en lui (Ep. 1,7-10).

 

(A la suite des prophètes)

Pour entrer dans ce désir de la vavent2010_C avent2010_C  enue du Christ, l’Eglise, durant le temps de l’Avent, nous demande de méditer sur l’attitude des prophètes dans l’Ancien Testament, lesquels étaient habités par un désir profond de la venue du Messie. Dans la liturgie de la Parole, nous écoutons alors, au fil des quatre semaines de l’Avent, les annonces des prophètes Nathan, Isaïe, Jérémie, Baruc, Sophonie, Michée et Jean-Baptiste, entièrement tournées vers l’espérance du Sauveur. Peu à peu, si nous nous laissons saisir et initier par leurs paroles, leur désir devient alors le nôtre et notre histoire, nos projets acquièrent un but et une raison d’être : la venue du Messie au dernier jour.

 

(Accueillir le Christ en nous)

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4eme semaine de l'Avent
4eme semaine de l'Avent© J.Reydel
y a plus encore, car cette attente, la liturgie nous affirme qu’elle peut déjà être exaucée d’une manière très concrète par l’accueil intérieur du Christ que nous pouvons d’ores et déjà, laisser venir, habiter nos cœurs. La figure de la Vierge Marie enceinte du Christ et poussée par charité à rendre visite à sa cousine Elisabeth, précise  bien qu’en enfantant le Christ en nous – par la méditation de la Parole, par la prière et par les sacrements - c’est la charité elle-même qui finira par gagner nos cœurs. Le temps de l’Avent nous met face à ce magnifique Mystère de la foi qui nous fait affirmer que réellement, le désir du Christ est d’habiter en nous : « Si quelqu’un aime (dit Jésus), il gardera mes paroles, et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui » (Jn 14,23)

 

AVEC LES ENFANTS

Concrètement, avec les enfants, il est important de vivre ce temps de l’Avent en tant que tel. N’anticipons pas la fête de Noël en célébrant la nativité de Jésus avant le 25 décembre. Il est bon que l’enfant fasse l’expérience d’un désir qui grandit et mûrit avec le temps. D’autre part, n’infantilisons pas les enfants. Ne leur faisons pas croire que Jésus n’est pas encore venu sur terre. La liturgie n’est pas du théâtre où l’on ferait « comme si » Jésus n’était pas encore né… Aidons-les plutôt à découvrir qu’être chrétien, c’est croire que Jésus reviendra un jour et que nous attendons avec impatience ce jour béni. Comme l’affirme le Credo de Nicée-Constantinople que nous proclamons le dimanche à la Messe.

« Il viendra un jour dans la gloire

pour ressusciter les vivants et les morts

et son règne n’aura pas de fin ».

Aussi durant le temps de l’Avent, apprenons à dire à notre tour, avec cœur, cette parole de l’Apocalypse qui conclut tout la Bible :

« Amen ! Viens  Seigneur Jésus ! » Ap. 22,20

 

Abbé Bertrand Estienne

Service diocésain Liturgie et Sacrements

Article publié dans la revue FAITES n°5 en novembre 2007

 

Article publié par Site Catéchèse • Publié Mardi 10 novembre 2015 • 1526 visites

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